Le sport, c’est bon pour la santé !

Si la pratique d’une activité physique est recommandée pour tous, ses vertus sont désormais connues pour se prémunir du cancer et contribuer à sa guérison. Pratiqué de manière régulière, le sport améliore la survie, limite les rechutes et les effets secondaires des traitements. À condition d’être accompagné par des professionnels ayant l’habitude d’exercer avec des malades.

« Et surtout, reposez-vous ! » disaient – et disent encore parfois – les médecins à leurs patients atteints de cancer. Et pourtant, les études sont unanimes : l’activité physique, reconnue depuis 2011 par la Haute Autorité de Santé comme thérapeutique non médicamenteuse dans le cadre du traitement du cancer, est indispensable. Outre le fait que le sport permet d’éviter certains cancers (sein, endomètre, colon, prostate…), il apporte de nombreux bénéfices aux personnes déjà atteintes de la maladie.

Des bénéfices sur la qualité de vie indéniables pour les malades

L’efficacité des soins en oncologie accroit le nombre de patients en rémission complète et place la gestion des effets secondaires des traitements et des séquelles, physiques et psychologiques de la maladie comme un objectif fondamental des soins.

Les essais prospectifs de mise ne place de programmes d’activité physique chez des patients cancéreux en cours et au décours des soins retrouvent une amélioration des capacités physiques individuelles, avec un mieux sur le plan cardio-respiratoire, une régression des sensations de fatigue, et une amélioration des tests de qualité de vie. Ces bénéfices ont lieu en  l’absence d’effets secondaires rapportés, de complications, alors que les patients adhèrent assez facilement aux exercices proposés.

Des bénéfices sur les chances de guérison  indéniables pour les malades

Des cohortes de patients suivies de façon prospective pratiquant régulièrement une activité physique suffisamment intense et sur un temps prolongé au décours des soins de plusieurs cancers sein, colon, prostate, qui représentent les incidences tumorales les plus élevées en dehors des cancers induits par le tabac, est associée à une réduction du risque de décès par cancer ou relevant d’autres causes avec un risque relatif homogène d’une série à l’autre et d’un cancer à un autre de l’ordre de 40 à 50 %.

Cette relation entre APS et modification de la survie a un effet seuil en deca duquel il n’existe pas d’influence favorable de l’activité physique et un effet dose avec accroissement du bénéfice putatif sur la survie.

Il est bien sûr impossible à partir d’études observationnelles de conclure à une relation de causalité entre la pratique d’une activité physique et sportive et une variation des survies globales et spécifiques.

Afin d’étudier la causalité de cette association un essai randomisé contrôlé d’intervention est en cours sur des cancers coliques stades II et III, 6 mois après le traitement adjuvant, analysant par rapport à un bras contrôle classique l’apport dans un bras expérimental des exercices physiques en aérobie sur 3 ans.

Dans l’attente du résultat de cette étude randomisée d’intervention, vu la concordance des résultats observés sur des cohortes différentes et des tumeurs distinctes, il est licite de d’encourager la pratique d’une activité physique régulière et suffisamment soutenue en cas de tumeurs localisée au moins du sein, du colon ou prostatique.

Les effets bénéfiques de la pratique de l’exercice physique dans le cadre d’activité ludique et programmée, font que cette pratique doit faire partie de l’offre de soins de l’après cancer.

Mais les bénéfices dépendent des fréquences de pratique, de leur durée dans le temps et des niveaux de dépense d’énergie. Les programmes  avec des efforts de faible intensité, de durée de mois de 3 à 6 mois et d’une fréquence inférieure à 2 à 3 par semaine  ne s’accompagnent pas de bénéfices sur les paramètres de qualité de vie.

Des mécanismes d’action de l’activité physique en cancérologie connus

Ils passent par la trilogie, graisse, muscles et cytokines, qui par leurs relations entretiennent une inflammation chronique chez les patients cancéreux.

En cours de soins anti cancéreux apparait d’une part une destruction progressive de la masse musculaire, phénomène appelé la sarcopénie, et d’autre part un accroissement de la masse graisseuse.

Le dernier paramètre de cette trilogie est constitué par les cytokines, protéines sécrétées par plusieurs sources, les cellules cancéreuses et inflammatoires péri tumorales d’une part et d’autre part les tissus graisseux en particulier la graisse abdominale.

Ces cytokines favorisent la sarcopénie et induisent une résistance à l’action de l’insuline dans l’organisme qui réagit par une augmentation de la sécrétion pancréatique d’insuline qui est un facteur majeur de croissance tumorale. 

L’activité physique réduit l’inflammation chronique induite par les cytokines, limite la croissance de la graisse abdominale et la sarcopénie et donc réduit la croissance tumorale.

Une activité encore trop peu pratiquée

De nombreux freins à cette pratique existent.

Ils viennent des soignants  qui méconnaissent les recommandations, et parfois même l’existence de programmes d’activité physique pour leurs patients. 

Ils existent aussi chez les patients par crainte de douleurs à la mobilisation ou par la sensation d’une fatigue déjà importante. Et pourtant  il suffit d’une séance pour ressentir un bien-être immédiat et avoir envie de renouveler l’expérience.

Le sport, oui, mais pas n’importe comment

Les conditions d’efficacité de l’activité physique sont une intensité suffisante pour modifier les cytokines et l’insulino résistance, une durée de 45 à 60 minutes par séance, une fréquence d’au moins 3 fois par semaine pour modifier la sécrétion des cytokines sur l’ensemble de la semaine, un programme sur au moins 6 mois pour impacter sur le temps le rapport graisse/muscle.

Ce programme doit faire intervenir des exercices en aérobie et en résistance sur une modalité associant plaisir et sécurité, ce qui nécessite des intervenants sportifs formés en oncologie tant ses composantes théoriques, pratiques que psychologiques aptes à évaluer les possibilités, progrès et complications oncologiques et iatrogènes. Les programmes doivent être individualisés prenant en compte le stade de la maladie, les traitements prévus, les capacités physiques du sujet, ses préférences sur le type d’exercice, son état psychologique et le respect des contre-indications à l’AP en oncologie.

L’autre difficulté vint du modèle pratique d’activité physique à mettre en place. Les différentes cohortes retrouvent une association entre la pratique d’une activité physique et une amélioration des survies globales et spécifiques mais sans permettre de préciser un type et des modalités d’APS.

Les programmes ne sont pas une simple prescription de mouvements mais une prise en charge individualisée selon une évaluation bio mécanique et psychologique précise réalisée par des professionnels spécifiquement formés en oncologie.

Des programmes existent depuis plus de 20 ans, des milliers de malades les pratiquent chaque jour sans accident ni effet secondaire et en ressentant des bénéfices évidents sur leur qualité de vie mais aussi en connaissant les bénéfices sur leurs chances de guérison.

Ces programmes sont d’un coût ridicule par rapport au drame humain d’une rechute ou d’une vie réduite par  les effets secondaires des soins indispensables à la guérison, sans parler du coût économique des soins d’une rechute.

Alors soyez généreux,  faite connaitre cette pratique !

Dr Thierry Bouillet

Cancérologue, Hôpital Avicenne, Bobigny


La CAMI Sport & Cancer (www.sportetcancer.org )est une association à but non lucratif reconnue d’intérêt général ayant pour mission d’implanter, dispenser et développer des programmes de thérapie sportive pour permettre à des milliers de patients touchés par un cancer d’être pris en charge pour diminuer les effets secondaires des traitements, améliorer leurs chances de rémission, diminuer leurs risques de rechute et améliorer leur qualité de vie.

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